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Le gypse

Le gypse est la pierre dont on tire le plâtre.

Il s'agit d'un sulfate de clacium (dihydraté) : soit SO4Ca (H20)2 .

Il se peut se présenter sous plusieurs formes cristallines. Mais la plus courante (et celle qui est généralement exploitée en carrière) est la forme dite saccharoïde parce qu'elle resemble à du sucre, et plus précisément à du sucre de canne, à cause de la couleur. Elle est disposée sous forme de bancs homogènes (les "masses") de plusieurs mètres de hauteur. Elle surmonte une couche plus mince de gypse cristallisé en "fer de lance", c'est une forme semi-transparente, très proche du sucre candi à ceci près qu'elle présente des successions de feuillets qui peuvent se cliver. D'ailleurs, cette forme a été utilisée au moyen-âge pour réaliser des sortes de vitraux dans les Eglises.

Les autres formes courantes sont :
* les roses des sables
* les anhydrites : comme son nom l'indique, ce sont des gisements de sulfate de calcium naturellement déshydraté (à l'instar d'un surcuit). Les théories s'opposent sur le fait de savoir si ce sont des gisements de gypse classiques qui se sont déshydratés ou si l'anhydrite s'est directement formé. Ces gisements sont présents dans de nombreux endroits (Lorraine, Allemagne, par exemple). Ils sont exploités, soit pour l'industrie du ciment (l'anhydrite peut remplacer le gypse dans la formulation des ciments Portland), soit comme matière première de chappes (techniques des "chappes anhydrites").
* l'albâtre : cette forme blanche, opalescente a été utilisée en sculpture. Elle est tendre (duretéMohs 1,5 à 2) et peut prendre un beau poli. Elle est souvent confondue, y compris par le nom, avec d'autres pierres présentant le même aspect, en particulier certains onyx. Il existe des gisements de cette pierre (France, Espagne, Egypte, ...) mais pas sur la côte d'Albâtre (Seine Maritime). Certains auraient même été utilisés pour fabriquer du plâtre, alors réputé de qualité supérieure. Les albâtres colorés sont appelés "albâtres orientaux" (source : dotapea). Les noces d'albâtre sont pour 75 ans de mariage.

Il existe un peu partout des carrières en France et en Europe de l'Ouest.

Une carrière type parisienne se compose du haut vers le bas de couches de stériles (marnes en particulier) sur 10 à 50 mètres de hauteur, d'une première masse de gypse de 15 à 25 mètres, puis de nouveau de couches de marnes, d'une deuxième masse (quelques mètres), d'autres couches marnes et souvent d'une troisième masse relativement mince avec beaucoup de recristallisation, pas toujours exploitée. Globalement, elles offrent des gypses d'excellentes qualité, très purs, d'où la réputation ancienne et constante du "Plâtre de Paris".
Selon la théorie la plus commune, ce gypse parisien serait du gypse de l'Est (Lorraine, et autres formations keupériennes) dissous et transporté par les rivières jusqu'au Bassin Parisien où il se serait redéposé par évaporation : d'où l'importance et la pureté des gisements franciliens.

Les carrières des zones montagneuses (Pyrénées, Alpes, Sud-Est) présentent souvent les mêmes successions mais penchées, ce qui peut rendre l'exploitation beaucoup plus difficile.

Dans l'Est de la France (Lorraine, Franche Comté), le gypse exploité se rencontrait à 3 niveaux dans la série stratigraphique :
* en couches d'épaisseur variable, souvent associées à des bancs dolomitiques, dans les sédiments à dominante marneuse du Keuper supérieur
* ou plus rarement du Muschelkalk moyen,
* en amas, à caractère lenticulaire, dans le Purbeckien ( limite Jurassique Crétacé), ensemble peu épais (environ 20 mètres) mais complexe, de
dépôts d'origine laguno-lacustre comportant par ailleurs des marnes, des calcaires, des marno-calcaires, des dolomies et des cargneules.

L'exploitation se fait soit à ciel ouvert si l'épaisseur des stériles n'est pas trop importante, soit en souterrain avec des systèmes de galerie dans le cas contraire.

Après exploitation, les carrières à ciel ouvert sont remblayées, souvent à des gravats de démolition.

Les carrières souterraines sont soit remblayées (carrière PlacoPlâtre à Taverny), soit effondrées à l'explosif.

Par ailleurs, il existe des gypses synthétiques, sous-produits de diverses fabrications industrielles, dont certains sont utilisés pour la fabrication du plâtre. C'est en particulier le cas des désulfogypses, issus de la désulfuration des fumées des usines thermiques au charbon, qui représente par exemple le tiers de la consommation de gypse en Allemagne.
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